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La Grece Antique par Jean-Louis

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La Grece Antique par Jean-Louis
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Pour Noël !

une grande surprise ^^ !
NB : Il va y avoir moins d'articles dans les prochains jours à venir pour cause de préparation d'un concours blanc

erratum : après vérifications il s'agit bien de Procuste et non Procruste.

I Le mythe de Procuste

NB : avant de commencer une petite précision de vocabulaire ; en français le mot hôte possède deux sens, celui qui désigne la personne qui accueille quelqu'un chez elle et  celui qui désigne la personne accueillie.



             En parlant de l'hospitalité dans le mythe précédent Le mythe de Philémon et Baucis il m'est venu un exemple tout aussi célébre et opposé. Il existe dans le recueil des mythes un homme, Procruste, qui était en sa personne, l'anti-hôte même. 
          Cet homme vivait dans une petite masure reculée de tout. Il avait au premier abord de toute personne étrangère tout de l'hôte idéal. En effet il accueillait bien volontier les gens chez lui en leur offrant l'hospitalité. Mais là s'arrête le portrait idyllique. Il possédait chez lui deux lits un très grand et un assez petit. Lorsqu'un voyageur se présentait chez lui, suivant la physionomie de celui-ci il lui proposait l'un ou l'autre des deux lits. Au voyageur de grande taille, il lui offrait le petit et à celui de petite taille le grand lit. Le soir il revêt son rôle de voleur. Au voyageur de grande taille en effet il lui coupe tous les membres qui dépassent du lit, pour celui de petite taille il l'étire jusqu'à ce qu'il fasse la taille du lit. Dans tous les cas inutile de faire un dessin : le voyageur est tué.
           Le voleur persévéra jusqu'à ce qu'un jour Thésée passant par là ne se laissa pas prendre au jeu de celui-ci. Non comptant de lui faire endurer ce qu'il avait fait subir à ses hôtes il le tua à son tour.

NB : petite variante quasi inutile elle aussi ^^ on dit qu'il ne possèdait qu'un seul lit qu'il réglait comme il l'entendait, cela ne changeait en rien le mal qu'il faisait.


                                             Thésée sur le point de tuer Procuste

ajouter un commentaire commentaires (7)    communauté : Philhéllène publié dans : mythes fondateurs


               Dès leur prime jeunesse Pyrame et Thisbé partagent la beauté et l'affection qu'ils ont l'un pour l'autre. Mais leurs parents ne voient pas d'un bon oeil cette relation et les deux amants sont contraints de s'aimer en cachette. Pyrame trouve un ingénieux subterfuge car en effet il a repéré une fissure dans le mur qui sépare leur deux maisons. Aussi ils passent de nombreuses soirées à se parler, collés à la paroi. Très vite, excédés de ne pas pouvoir se voir, les amants d'un commun accord décident de se retrouver, un soir auprès d'un temple de la grande Babylone, où ils résident, sous un grand mûrier blanc, pour échanger leurs voeux. 


             Le soir de leur rendez-vous Thisbé se rend aussi vite que possible au lieu dit, les ailes de l'amour la font arriver un peu en avance. La nuit est noire et la jeune fille s'étonne de ne pas trouver là son aimé. La peur commence à la gagner dans cet endroit peu sûr. Son angoisse est justifiée une lionne souillée par le sang, restes éphémères d'un boeuf récemment égorgé, ne tarde pas à se montrer non loin de la pauvre enfant. A sa vue, Thisbé, horrifiée, s'enfuit en laissant tomber son voile dans sa précipitation. 
             La lionne qui était venue se désaltérer à une source non loin rencontre sur son chemin le voile et commence à le déchequiter de ses crocs sanglants. Le pauvre Pyrame, qui arrive à peine, assiste à la terrible scène. La méprise est flagrante, aussi, persuadé que sa tendre aimée est décédée, de désespoir, il se donne la mort avec son épée. 
              Thisbé, revenue sur ses pas, assiste au drame. Il lui suffit de voir son voile déchiré entre les mains de Pyrame pour qu'elle comprenne l'effroyable méprise à laquelle il a été sujet. Elle a tout juste le temps de lui soutirer un dernier regard avant que celui-ci s'expire définitivement. Au comble du malheur Thisbé, qui souhaite être unie à jamais avec son époux, saisit l'épée de son amant et  transperce son sein. 



               On raconte que le mûrier qui a abrité toute cette tragédie a vu ses fruits blancs se colorer en rouge par le sang répendu des amants. Les parents, touchés profondément par la mort de leurs enfants, respectèrent leur dernière volonté. Les cendres des deux jeunes gens furent mêlées dans la même urne les unissant pour l'éternité.  

NB1: Dans les métamorphoses d'Ovide on dit aussi qu'après leur mort, les Dieux les prenant en pitié changèrent respectivement Pyrame et Thisbé en fleuve et en source.
NB2: Merci à C.S. pour l'idée du sujet ^^ http://antiquitas-semper.over-blog.com/

ajouter un commentaire commentaires (2)    communauté : Parlons d'amour publié dans : mythes fondateurs


         La mythologie était une manière pour les anciens de véhiculer des valeurs chères à la civilisation grecque même si elle n'exista jamais en tant que telle. On ne trouvait pas de recueil de mythes. Ils faisaient partie de leur tradition orale. Il est un point sur lequel les grecs étaient particulièrement attachés : l'hospitalité. Aussi de nombreux mythes font état de scène d'accueil d'étrangers dans des demeures plus ou moins riches. Si l'on devait ne garder qu'une seule histoire pour illustrer cet idéal de l'hôte qui reçoit l'étranger dans son logis ce serait celui-ci.

II Le mythe

            Un jour, Zeus, accompagné de Mercure, décide de se rendre sur terre pour tester la bonté des hommes. Déguisés en mendiants ils sillonnent le Péloponnèse. Ils arrivent dans un petit village dans lequel ils entreprennent de tester la conscience des hommes. Ils frappent à chaque porte pour demander l'hospitalité. Mais dans aucune maison on veut ne les recevoir. Après avoir traversé de part en part le village ils aperçoivent une petite baraque en haut d'une colline à la lisière d'une forêt près du village. Une dernière fois ils tentent leur chance. Là, vivaient un couple de vieillard, heureux de la vie qu'ils menaient, certes misérablement, mais sans superflux et assez pour les satisfaire. Après qu'ils se soient présentés, le couple invite les deux mendiants à rentrer dans leur maison pour partager leur repas. Ils s'excusent de la pauvreté dans laquelles ils reçoivent leurs hôtes mais tenteront de faire le mieux pour le mieux.


            Ils tuèrent la seule oie qu'ils avaient pour la servir en repas. Après avoir mangé, les Dieux dévoilèrent leur identité aux vieillards qui redoublèrent leurs excuses. Zeus les rassura en leur disant qu'ils n'auraient pas pu être mieux reçus. Aussi, indignés par le comportement des autres habitants, ils submergèrent le village en contrebas. Enfin Zeus, pour les remercier, leur accorda un voeu. Le vieux couple qui vivaient heureux depuis tant d'années n'avaient envie de rien de plus que ce que leur offrait leur existence, aussi, profondemment amoureux l'un de l'autre ils ne demandèrent rien d'autre que d'être uni à jamais après la mort de l'un d'eux.
              Le jour le leur mort les deux époux se changèrent en arbres dont les branches enlacées les unir à jamais.


Pour celles et ceux que le mythe intéresse on peut le retrouver dans les métamorphoses d'Ovide (VIII, 611-724).

ajouter un commentaire commentaires (3)    communauté : Philhéllène publié dans : mythes fondateurs

     Cet article fait suite à celui-ci  : La conception de l'âme dans le Phèdre de Platon qu'il est préférable de lire avant de se lancer dans la lecture de celui-ci.

II) la quête du vrai 
 
             L'âme humaine est donc attirée par la connaissance des Dieux, malgré les difficultés de son ascension (dues au cheval noir) elle tente tant  bien que mal de suivre les âmes des Dieux hors du ciel. Mais attention ! une précision est ici nécessaire ; jusqu'ici j'ai laissé sous-entendre que les âmes humaines sont en tout point identiques (même constitution, mêmes soucis) ceci n'expliquerait pas pourquoi tous les hommes sont différents ! En effet la ténacité du cheval noir varie, il n'y en a pas deux identiques, cela laisse alors le cocher piloter son char avec plus ou moins d'aisance. Dans le cas le plus favorable il peut enfin s'élever haut dans le ciel à la suite des Dieux.
               Ceci étant expliqué, comment les âmes atteignent-elles leur quête des Vérités ? Il faut imaginer les Dieux circulant librement dans l'air, ce sont eux qui attirent les âmes des mortels qui se lancent à leur poursuite, là commence la lente ascension. Un amas d'âmes mortelles s'élance à leur poursuite pour connaître le chemin du ciel permettant l'accès au Cosmos (le monde de l'ordre = l'univers). En fonction de leur constitution les âmes les poursuivent tant bien que mal. Arrivés au delà du ciel les chars des Dieux entament un parcours complet dans le monde du Réel (un font pour les anciens le parcours de nos actuels satelites) avant de redescendre quand bon leur semble. Les heureuses âmes qui les suivent et qui par chance arrivent dans ce monde divin n'en sont pas moins soumises au comportement du cheval noir qui peut à tout moment les faire redescendre. C'est pourquoi toutes les âmes ne sont pas égales vis à vis du vrai parce qu'elles n'en ont contemplé pour la plupart que la partie la plus superficielle.
               Mais alors que retenir de ce monde ? Il faut savoir que toute âme est, selon Platon, immortelle, elle ne cesse de faire des cycles, certes différents (d'où des vies complètements diverses), mais reste toujours cette même âme. Aussi Platon considère que chaque âme humaine n'a pu atteindre ce niveau que si elle est parvennue hors du ciel (même un bref instant) c'est ce qui la différencie de l'âme des animaux. Aussi elle doit bien retenir quelquechose de son passage ? Effectivement la seule chose commune à toutes les âmes humaines, qu'elle tire de ce monde, est la notion de beauté. Elle est la Vérité la plus brillante et la plus visible dans ce monde du Réel, aussi chaque homme l'a contemplée dès son arrivée. Ensuite en fonction de la durée de son séjour dans ce monde tant convoité il vit son existence terrestre avec sa plus ou moins grande sagesse. Platon dans le Phèdre fait un classement du plus "illuminé" au moins "illuminé" des hommes en fonction de ce temps passé dans le monde des vérités.
- L'homme sage
- le roi juste ou le guerrier habile à commander 
- le politique, l'économe, le financier 
- le gymnaste infatigable, le medecin
- le devin, l'initié
- l'artiste imitateur, le poète
- l'artisan, laboureur
- le sophiste, le démagogue
- le tyran (qui vit dans ses illusions cf. Le Gorgias)
Il ne faut bien évidemment pas rapporter cela à notre monde actuel mais bien rester dans les considérations de la Grèce Antique, les valeurs changent. Ainsi Socrate décrit comment l'âme humaine accède au vrai dont il est tant épris. 


 source : http://journaldecamille.j.o.pic.centerblog.net


Dans un prochain article je m'intéresserai à la question : L'âme est elle immortelle ?
en me basant sur un autre dialogue : le Phédon

ajouter un commentaire commentaires (1)    communauté : Le Monde de la Philosophie publié dans : La Philosophie grecque


                              link

           Le Phèdre est un discours entre le personnage éponyme (qui donne son nom à l'oeuvre) et Socrate. Tous deux suite à un discours, entendu du célèbre orateur Lysias, s'interrogent sur la nature même de l'amour. Toute cette partie qui analyse les sentiments et les effets de l'amour ne sera pas l'objet de cet article mais un point bien précis et capital pour comprendre la pensée de Socrate : Qu'est ce que l'âme ? De quoi est elle contituée ? Sommes-nous tous égaux ? Tant de questions auxquelles nous allons tenter de trouver des réponses.
        Il faut tout d'abord avoir recours à l'imaginaire de chacun, c'est cela le principe du mythe. Pour cela on doit se laisser guider par le récit, y prendre du plaisir et voir après coup ce que l'on peut en tirer.
Le mythe qui va suivre est un peu différent de ceux qui ont été présentés précédemment (cf. Le mythe de Theuth ;  Le Mythe de Gygès ; le mythe de la Caverne ) parce qu'il n'est pas construit sous la forme d'un récit. Il n'y a pas de personnages à proprement parler dans la mesure où l'on parle ici des âmes en général bien que (et nous le verrons par la suite) toutes ne soient pas classées au même niveau.

                                    Oui les dieux avaient déjà accès à la Quatre-chevaux... ^^

I Le Mythe du Char Ailé 

           Pour Socrate il existe deux sortes d'âmes, celles des Dieux et celles des mortels. Quelle est leur nature ? 

           A) L'âme des Dieux
 
           Il faut s'imaginer un char attelé à deux chevaux conduit sous la volonté de l'aurige (conducteur de char). L'âme est donc constituée de trois éléments (le char n'est que le moyen de lier les 3 membres essentiels, il n'a pas d'incidence particulière). Dans le cadre de l'âme des immortelles, le cocher qui est un Dieu pilote deux chevaux parfaitement domptés, ne lui opposant aucune résistance. L'âme des immortels peut se mouvoir partout où elle veut jusque dans les hautes sphères célestes au dessus de l'Ether (pour nous il s'agit de l'espace (au dessus de l'Atmosphère)) qui pour Platon est le royaume des Vérités de tout ce qui se trouve ici dans ce bas monde. 

           B) L'âme des Hommes

           Elles sont en tout point semblables à celles des Dieux excepté ceci : Au lieu des deux chevaux dociles du char des immortels, le char des mortel est composé d'un cheval blanc identique à celui des Dieux, il est amoureux de l'honneur, la tempérance, la pudeur, l'opinion vraie, et de la raison. Il est soumis aux ordres du cocher. L'autre en revanche est son contraire il est noir, l'oeil injecté de sang et n'en fait qu'à sa tête, il a un physique ingrat, il est ami de la violence et de la fanfaronnade. Il n'obéit qu'au fouet du cocher. Il gêne l'ascension de l'âme en tirant le char vers le bas.
           L'un blanc l'autre noir ces chevaux symboliseraient en partie la conscience humaine (l'ange et le diablotin chrétien ?). 

Vous enlevez deux chevaux et vous en colorez un en blanc et vous avez la conception de l'âme chez Platon

 NB : L'article étant long je préfère le couper en deux pour ne pas infliger un travail cérébral trop important. Il faut bien assimiler cet article pour comprendre le suivant. ==>La conception de l'âme dans le Phèdre : La quête du vrai 
             

            Lobé a illustré cet article n'hésitez pas à jeter un oeil
                                               link

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