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Vendredi 30 mai 2008


Comme je l'avais dit je vais m'attaquer à un nouveau mythe de Platon : Le mythe de Gygès.

        En soi il est très simple. Gygès était un jeune berger. Un jour, alors qu'il faisait paître son troupeau, il découvrit une grande cavité creusée dans le sol suite à de fortes pluies. La curiosité étant trop forte, il s'y introduit. A sa grande surprise il découvrit un cheval de bronze. Sur les flancs de celui-ci se trouvaient deux portes. Il y pénétra et tomba sur le cadavre d'un géant au doigt duquel se pendait un anneau. Il le prit, le mit et s'en retourna auprès des autres bergers gardant pour lui sa découverte. Peu de temps après il remarqua qu'à chaque fois qu'il tournait le chaton de sa bague vers le centre de sa paume, il devenait invisible aux yeux des autres. Ambicieux, le jeune homme, qui s'était assuré du pouvoir de sa bague, tua le roi de sa ville et épousa sa femme. 

        En creusant, ce mythe à pour but de mettre en valeur le rôle d'autrui dans nos actions. C'est par son regard et le jugement que celui-ci amène que nous agissons de telle ou telle façon. En effet nous n'osons, en quelque sorte, pas être nous même devant les autres. Notre liberté est d'une certaine manière limitée voire même contrôlée. La question à se poser serait "Est-ce que autrui dans ce cas n'agit pas finalement comme un garde-fou ?". Si nous avions la possibilité de faire ce que l'on désire sans aucune limite, pourrait-on dire que l'on est heureux ? "L'enfer c'est les autres" affirme un personnage de Huis Clos de Sartre. Le mythe rejoint d'une certaine manière à la notion de Bonheur. Assouvir tous ces désirs, est-ce être heureux ? Dans le Gorgias de Platon, Socrate explique pourquoi selon lui le tyran qui assouvit tous ses désirs n'est pas heureux car il désire toujours plus et vit en fin de compte dans une insatisfaction éternelle. Dans  ce même passage il montre aussi qu'en n'agissant pas justement il ne pourra jamais vivre heureux. Le bon, le beau et le bien sont toujours liés...

Je me permets d'ajouter ce commentaire pertinent de Gérard :
==> " à partir de cette invisibilité Platon va définir la conscience individuelle, à savoir le jugement sur soi en l'absence du regard d'autrui. " 
==> la référence très intéressante d'un article du blog de Jean-Yves qui complète la notion d'autrui pour Sartre et nuance mon propos.
Philo : "L'enfer c'est les autres de J-P Sartre.        http://culture-jym.over-blog.fr/article-15727274.html

  

par Eudemonia publié dans : La Philosophie grecque communauté : Philhéllène
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